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Devenir une ancienne fumeuse : l’arrêt du tabac

6 Jan 2019


Parmi ces résolutions, on trouve souvent : l’arrêt du tabac. Au moment où j’écris, cela fait 67 jours sans tabac. Pour l’ancienne grosse fumeuse que je suis, c’est énorme. Ayant lu avec beaucoup d’intérêt bon nombre de témoignages, je me suis dit que j’allais mettre ma pierre à l’édifice. Disclamer : cet article n’est pas fait pour me juger, ni juger les fumeurs. Si vous n’avez jamais fumé, tant mieux. Si vous avez des problèmes avec les fumeurs, je ne changerai rien à cela, donc pas de commentaires désobligeants.Nous sommes début janvier 2019, une période où beaucoup prennent de bonnes résolutions.

La version audio de l’article

On pose le contexte. Je fumais depuis 15 ans. D’abord aucollège, je fumais un peu de temps en temps pour faire comme les copains (quelle co***). Le lycée, les cigarettes ont augmenté. Première année de fac : j’étudiais, je bossais le soir et j’étais pompier volontaire. Stress + fatigue = un paquet par jour. L’année 2018 a été faite de très haut et de très bas, donc j’ai atteint le maximum de ma consommation de cigarettes soit un peu plus d’un paquet par jour. J’avais toutes les cigarettes : je fumais quand j’attendais, je fumais quand je buvais, je fumais après un repas, je fumais quand j’étais en colère, je fumais quand j’étais stressée (la clope gestion des émotions est vraiment pénible à arrêter). Bref, la clope était le prolongement de ma main. J’avais essayé un arrêt sans grande conviction au lycée. J’avais fait une séance d’hypnose en 2016. En 2017, j’avais acquis une cigarette électronique. Rien n’avait fonctionné. Pourquoi ? Parce que je n’avais pas envie d’arrêter. Mais pourquoi ai-je arrêter là ? Je n’en sais rien. Et c’est là l’une des sources de difficultés dans mon processus d’arrêt du tabac. Il est difficile de tenir le cap quand on ne sait pas encore pourquoi on l’a fait.La santé, l’argent sont nécessairement des motivations mais ces raisons existent depuis des années et n’avaient jamais réussi à me motiver. La raison est sûrement inconsciente mais je n’ai pas réussi à mettre le doigts dessus. J’y pensais depuis des jours. Un jour sur le chemin de la maison, je me suis arrêtée à une pharmacie, j’ai acheté des patchs et des pastilles. Je suis rentrée à la maison et j’ai dit à Charles que j’arrêtais. Afin de ne pas subir la pression des proches et le jugement si je n’arrêtais pas quand je l’avais dit, je n’avais parlé à personne de mes interrogations, de mes souhaits quant à mon arrêt. Le 26 octobre, je fumais ma dernière clope.

Photo issue d’un article sur Figaro

Pour arrêter, j’ai donc prix des patchs de 21mg à garder 24 heures (les plus élevés il me semble) et des pastilles à sucer en cas de grosse crise de manque. Alors sachez que cela peut être pris en charge par la sécu en passant par votre médecin. Je ne peux pas vous en dire davantage car j’estime que si je suis capable de payer mon paquet journalier, je suis capable de payer une boîte de patch à 50 euros sans qu’on me le rembourse. Sachez que dans le processus de l’arrêt et dans votre addiction, il faudra gérer la dépendance physique (où je me suis aidée avec les patchs) et la dépendance psychologique (là, tu ne comptes que sur toi-même).

Comme je suis une folle, le lendemain de l’arrêt, j’avais un gros repas avec mes grands parents (1er challenge de la clope après repas) et ensuite, nous faisions une soirée avec des amis (2ème challenge des clopes de soirée). J’ai tenu. Je pense que les premiers jours nous sommes portés par l’excitation de l’arrêt et donc que cela est plus « facile ». Enfin plus facile, c’est facile à dire. Je n’ai quasi pas dormi les premières nuits, symptômes de sevrage. J’ai pensé à la cigarette toutes les cinq minutes je pense. Ce n’était pas tant un manque physique car les patchs ont été un vrai soutien pour moi. Non, c’était un manque psychologique. Il fallait que je repense toute ma vie et toutes mes habitudes sans la cigarette. Attendre le tram sans fumer m’a paru étrange. Je ne savais pas réellement quoi faire, comment m’occuper. Comme je le disais plus haut, la gestion des émotions a été compliquée. Quand j’étais énervée ou stressée, je sortais cinq minutes fumer une cigarette et cela allait mieux. Je cachais mon émotion derrière un nuage de fumée. Maintenant ? Je dois affronter mon émotion, assumer ma colère ou mon stress. Cette partie m’a sacrément donné envie de craquer mais j’ai tenu et petit à petit cela va mieux et j’ai gardé le réflexe de sortir m’aérer l’esprit cinq minutes.

Dans le détail des symptômes, j’ai eu beaucoup de mal à dormir la première semaine. J’ai eu faim, beaucoup. J’ai grossi un peu trop. Le fait de fumer consomme des calories. Donc lors de l’arrêt, tu ne consommes plus cet énergie et si tu fais comme moi, tu te jettes sur la bouffe pour ne pas tuer ton mec. Je n’ai pas particulièrement fait attention au départ, je ne voulais pas me battre contre moi-même sur différents tableaux. D’abord, la clope. Maintenant que j’ai bien assis mon arrêt, j’attaque la perte de poids. J’ai été irascible, un peu trop (gestion des émotions toussa toussa). J’ai été déprimée par moment. A me lire, vous êtes en train de vous dire qu’arrêter de fumer c’est un calvaire et qu’on se demande pourquoi le faire ! Mais non. Sincèrement, dans une appréciation générale, je pensais que cela serait plus compliqué pour la grande fumeuse que j’étais. Preuve en est. Je devais faire trois mois de patch. J’ai fait un seul mois et je n’ai pas ressenti le besoin d’aller chercher la deuxième boîte. Le manque s’est fait ressentir par moment, mais les grosses crises de manque se compte sur la doigt de la main. Je n’ai jamais utilisé les pastilles que j’avais acheté en plus des patch. C’est assez cyclique en fait. Là, cela fait quelques jours où j’y repense particulièrement, où les envies reviennent plus fortement mais cela faisait des semaines que cela allait très bien.

Venons aux effets positifs. Premier effet positif constaté, je suis plus riche. Je n’ai pas fait de cagnotte ou de virement quotidien où je place le prix des paquets, j’ai déjà dépensé mes « économies ». J’ai fait plus de cadeaux, des achats soins/make-up que je me refusais en tenant compte du prix, plus de sorties etc. Ma peau a changé. Après une grosse poussée de boutons (ton corps se débarrasse de toutes les cochonneries liées à la clope), ma peau est devenue plus lumineuse et a changé, elle est moins grasse. Mes cheveux sentent bons en permanence, mes fringues aussi. Je sens tous mes parfums sur moi, je n’ai pas besoin d’en mettre à outrance. Je commence (à peine, oui c’est long) à récupérer du souffle sur mes runnings. Cette partie reste encore délicate. En fait, mes poumons se nettoient et donc le souffle est compliqué. Je tousse plus, je suis plus encombrée durant mes courses que lorsque j’étais fumeuse mais cela change peu à peu. Je redécouvre les odeurs (pour mon plus grand malheur dans le tram), les goûts. On n’imagine pas à quel point la cigarette pouvait altérer nos sens. Je dois probablement avoir meilleur haleine (enfin avant mes 13 789 cafés de la journée). Intérieurement, je suppose que mes petits poumons se sentent un peu mieux. Petit à petit, je vais redevenir à un risque de cancer et de maladie cardiovasculaire similaire à un non fumeur. Mais le plus gros point positif est la fierté que je ressens, ma confiance en moi d’avoir réussi. Moi qui ne m’imaginais pas sans cigarette, moi qui me disais que j’allais craquer. J’ai réussi. Alors rien n’est définitif, je dois faire attention, ne pas me sentir trop en confiance et rester vigilante face à mes envies, mais ces premiers pas me rendent fier. Je deviendrai jamais une non fumeuse, je serais une ancienne fumeuse et je dois me rappeler à quel point fumer est nocif et ridicule et le chemin parcouru à ce jour. Je ne dois pas oublier que c’est une drogue.

Ecrire cet article m’a donné envie de fumer, mais juste une envie légère, lointaine. Peu à peu ces envies s’espacent et se font de plus en plus lointaines. J’espère que cet article vous accompagnera si vous êtes en arrêt ou fera germer l’idée de l’arrêt si vous êtes fumeurs. Dans tous les cas, la décision doit venir de vous, peu importe pourquoi, comment, quand. Le faire pour quelqu’un d’autre, sans conviction, risque de vous conduire à la reprise. N’hésitez pas à me faire part de vos remarques, de vos avis, témoignages en commentaire.

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2 commentaires

  • Reply Myrtilla 7 Jan 2019 à 19 h 38 min

    Eh ben, bravo !! Tu peux être super fière de toi ! J’ose pas imaginer comme ça doit être difficile, mais toi tu as réussi. Déjà 2 mois sans fumer, la suite sera facile ! Et au pire quand tu ressens l’envie de fumer… ressors ton article et relis le. Je suis sûre qu’il te fera du bien !
    En tous cas je remercie mon Moi de quand j’avais 16 ans. J’ai essayé une cigarette. Une fois, deux fois, trois fois. J’ai même acheté un paquet de clopes à la menthe pour en fumer une en sortant du boulot, le soir. J’étais dans cette ville où personne me connaissait alors je me suis permise ce geste. Le paquet a duré un mois, mais je l’ai pas terminé, il me restait encore quelques clopes, mais j’ai fini par le donner à des collègues. Je me suis dite : Non mais là je fais clairement partir mon argent en fumée… et à quoi bon ?
    Du coup c’était la dernière fois que j’ai fumé. Et quand je vois comme j’ai de la peine déjà maintenant à courir au niveau du souffle (parfois hein ^^), je me dis qu’en fumant ça aurait été encore pire ^^ Et finalement comme tu dis, on sent bon 🙂 Fumer a plus de points négatifs que positifs en tous cas, alors pourquoi jeter son argent par la fenêtre ? 🙂
    Bref je m’étale.. encore bravo, n’abandonne pas !!! 😀 (ton Toi de quand tu auras 60 ans te remerciera 😉 )

    • Reply Beautifullaw 12 Jan 2019 à 6 h 41 min

      Merci beaucoup ! Oui, tout le monde ne se rend pas compte, jeune, de l’idiotie de se mettre à fumer. Malheureusement, cela ne s’explique pas, du moins, je ne me l’explique pas. Mais j’avais des parents fumeurs, cela a probablement participé au fait que j’ai fumé. Oui je sais que je vais me remercier plus tard, mais là c’est dur, surtout sur la balance ! Merci de ton commentaire, passe une bonne journée !

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